Le chant des régents et des écoliers dans les statuts synodaux sous l’Ancien Régime

Les statuts synodaux1Les recueils de statuts synodaux pouvaient également être titrés “règlements”, “ordonnances” ou “constitutions”, ces vocables étant combinables à l’envi. Étant donné ce flou terminologique, ils seront indifféremment employés dans le cours de cette étude. constituaient un corpus de règlements édictés par un évêque en son nom propre à l’issue d’un synode diocésain2Sur les synodes diocésains dans la France d’Ancien Régime, cf. Marc Aoun, Jeanne Marie Tuffery-Andrieu (éd.), Conciles provinciaux et synodes diocésains du Concile de Trente à la Révolution française : défis ecclésiaux et enjeux politiques ?, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2010.. Ce type d’assemblée était le résultat de “[la] convocation que f[ais]ait un Evêque des Curez de son Diocese pour y faire quelques reglements, quelques corrections, pour conserver la pureté des mœurs de son Diocese3Antoine Furetière, Dictionnaire universel, La Haye-Rotterdam, Chez Arnout et Reinier Leers, 1691, t. II, p. 758.”. Outil de régulation sinon de réforme de la conduite du clergé comme des fidèles, le synode diocésain fut une des instances d’assimilation de l’idéal post-tridentin dans la France d’Ancien Régime4La bibliographie des status synodaux français a été établie par André Artonne, Louis Guizard et Odette Pontal, Répertoire des statuts synodaux des diocèses de l’ancienne France : du XIIIe à la fin du XVIIIe siècle, Paris, Centre nationale de la recherche scientifique, 1969. Pour une approche générale de ces sources, cf. J. Michael Hayden et Malcolm R. Greenshields, “Les Réformations catholiques en France : le témoignage des statuts synodaux”, Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 48/1 (2001), p. 5-29, <http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=RHMC_481_0005> [consultation le 31 juillet 2015]..

Les statuts synodaux étaient susceptibles d’aborder tout aspect de la vie des paroisses d’un diocèse. Si le comportement des prêtres séculiers et, dans une moindre mesure, des religieux était au cœur de ces règlements, ces derniers touchaient également à l’existence des laïcs au plan strictement religieux (fréquentation des sacrements, obligations religieuses, attitudes à l’église…) comme au plan social (rythme du cycle hebdomadaire, rapports laïcs/clercs, organisation de la fabrique paroissiale…). À l’intersection de ces deux domaines se situaient les petites écoles et leurs maîtres ou maîtresses : la responsabilité épiscopale en matière scolaire faisait des écoles paroissiales un objet de prédilection pour les discussions synodales et les statuts qui s’ensuivaient. C’est pourquoi ces documents nécessitent d’être d’être interrogés lorsqu’il s’agit de cerner la nature et les formes de l’instruction scolaire sous l’Ancien Régime, de même que les fonctions des maîtres d’école.

Néanmoins, les décisions promulguées suite à la tenue d’un synode diocésain ne sauraient être prises pour un reflet fidèle des pratiques dominantes à une période et en un lieu donnés. D’une part, les constitutions synodales expriment un point de vue prescriptif souvent général qui, de ce fait, ne pouvait correspondre parfaitement à l’ensemble des configurations paroissiales. L’irrégularité de la cadence de publication des statuts synodaux (tout synode diocésain, dont la programmation était aléatoire, n’entraînait pas forcément une telle publication) favorisait d’ailleurs la tendance à une certaine dose d’abstraction règlementaire. De l’autre, ces textes ne s’arrêtaient que peu sur les habitudes jugées saines : l’absence de référence à telle pratique ne signifie donc pas sa non-existence, d’autant que les directives épiscopales en matière scolaire ou liturgique pouvaient transiter par d’autres canaux que les statuts diocésains. Les curies épiscopales disposaient en outre d’une bonne connaissance de la littérature prescriptive produite hors de leurs diocèses respectifs. À l’instar des Acta Ecclesiae Mediolanensis de Carlo Borromeo consacrés à son diocèse de Milan avant de connaître un retentissement européen5Les textes règlementaires de Carlo Borromeo furent traduits et, parfois, publiés en ouverture de statuts synodaux diocésains ; cf. le cas des Instructions de S. Charles Borromée… et les ordonnances synodales du diocèse d’Aix, Lyon, Chez Benoist Vignieu, 1707, <https://books.google.fr/books?id=yQXHfEsaeLIC&pg> [consultation le 23 juillet 2015]., certains statuts furent lus, mémorisés et plus ou moins recopiés sans toujours chercher à les adapter aux réalités locales. La technique de la reprise valait aussi pour un même diocèse : à plusieurs décennies d’intervalle, d’anciens statuts pouvaient être confirmés sans autre modification que le nom de l’évêque les promulguant. Les affinités intertextuelles d’un recueil à l’autre ne sont donc pas rares, ce qui altère le réalisme des indications contenues dans les statuts synodaux. Enfin, il ne faut pas négliger l’homogénéité qui caractérisait l’origine sociale des évêques d’Ancien Régime, leur formation et leurs expériences de début de carrière6Cf. Joseph Bergin, The making of the French episcopate (1589-1661), New Haven, Yale Unversity Press, 1996 et, du même, Crown, Church and episcopate under Louis XIV, New Haven, Yale University Press, 2004.. Après être passés pour la plupart par le séminaire de Saint-Sulpice, les candidats à l’épiscopat évoluaient entre Cour et Ville (c’est-à-dire Paris) pendant un temps plus ou moins long avant de se voir attribuer un premier évêché. Le modèle de la paroisse de France centrale7Sur les configurations paroissiales dans la France d’Ancien Régime, cf. Antoine Follain, Le village sous l’Ancien régime, Paris, Fayard, 2008. devait donc dominer leurs propres représentations des structures villageoises, et ce quelles qu’étaient les réalités qu’ils étaient appelés à régir.

Pour autant, ces textes n’étaient pas sans rapport avec la charge pastorale assurée au jour le jour par le clergé diocésain. Publiés en français pour être diffusés auprès des curés et lus durant les conférences ecclésiastiques, les statuts synodaux devaient en théorie servir de guide pratique aux prêtres paroissiaux. Préalablement au synode, les évêques pouvaient recueillir des informations concrètes sur leurs paroisses par voie de questionnaire8Jean-Pierre Locatelli, “L’enseignement primaire et les maîtres d’école à la fin du XVIIe siècle dans le diocèse d’Auxerre”, Revue d’histoire de l’Église de France, LVII, n° 158 (1971), p. 97-98.. De fait, au stade de leur rédaction, les statuts diocésains paraissent par moment être véritablement influencés par des spécificités locales, surtout lorsque leur formulation s’éloigne des généralités les plus courantes. Il n’est donc pas impossible de dégager de la lecture sérielle de ces documents des enseignements sur la reconnaissance par l’autorité épiscopale de la fonction cantorale des maîtres d’écoles, ainsi que sur leur activité en matière de chant9Les différentes charges du maître d’école sont considérées dans les statuts touchant explicitement aux écoles. Cependant, le maître peut être évoqué incidemment dans ceux concernant la célébration du service divin. Ce travail repose donc sur le dépouillement de l’intégralité des statuts synodaux consultés, et non pas seulement des sections traitant des écoles.. En effet, celle-ci est abordée par plusieurs recueils de statuts dont les nuances lexicales, parfois minimes, permettent de préciser la géographie des emplois de maîtres d’école dans la France moderne. C’est ce à quoi s’emploieront les notes suivantes en prenant appui sur un corpus parcellaire de plus de quarante volumes de statuts synodaux émanant de diocèses répartis sur l’ensemble du royaume, et couvrant une chronologie allant du dernier quart du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle10 Les statuts synodaux suivants ont été consultés dans le cadre de cette étude (par ordre chronologique croissant de publication) : Lyon (1577), Toulouse (1597), Comminges (1608), Grasse (1644), Uzès (1654), Sens (1658), Toulouse (1659), Mâcon (1668), Agen (1673), Alet (1674), Angers (1680), Bordeaux (1686), Grenoble (1690), Aix (1694), Paris (1697), Mirepoix (1697), Die (1698), Pamiers (1702), Bordeaux (1704), Lyon (1705), Autun (1706), Narbonne (1706), Aix (1707), Sisteron (1710), Troyes (1722), Montpellier (1725), Lavaur (1729), Toulouse (1729), Troyes (1729), Vienne (1730), Le Mans (1737), Bourges (1738), Auxerre (1741), Aix (1742), Dijon (1744), Arras (1746), Boulogne (1746), Autun (1750), Comminges (1751), Belley (1759), Lyon (1761), Albi (1763), Auch (1770), La Rochelle (1780), Troyes (1785)..

Des documents silencieux ?

Certains recueils d’actes demeurent muets sur le rôle joué par le maître d’école à l’église comme à l’école, et ce y compris dans des diocèses d’importance. À Lyon (1577)11Statuts et Ordonnances synodales de l’Eglise metropolitaine de Lyon, primatiale des Gaules, Lyon, Par Jean Stratius, 1577, f° 31, <http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79060f> [consultation le 20 juillet 2015]., l’accent est mis, en pleine Guerre de religions, sur la surveillance doctrinale des maîtres d’école et sur celle des livres qu’ils emploient. Traités dans le même statut que les prêcheurs et eux-mêmes en position de pouvoir prêcher12Plus d’un siècle plus tard, les statuts synodaux du diocèse de Grenoble joignent en un même chapitre les “Maîtres & Maîtresses d’école” avec les “Imprimeurs & Libraires” ; Ordonnances synodales du diocese de Grenoble, Grenoble, Chez Alexandre Giroud – Lyon, chez Claude Rey, 1690, p. 212, <https://books.google.fr/books?id=eIgmPWmjqioC&dq> [consultation le 21 juillet 2015]. il en va de même pour les statuts synodaux d’Agen, dont le chapitre XXXVIII est titré “Des Maistres d’Ecole & des imprimeurs” ; Statuts et reglemens synodaux du diocese d’Agen, Agen, Par Antoine Bru, 1673, <https://books.google.fr/books?id=SBdKuJ9A33sC&dq> [consultation le 22 juillet 2015]. Ce rapprochement atteste que les maîtres et maîtresses étaient assimilés aux acteurs les plus sensibles de l’instruction religieuse (libraires, prédicateurs voire colporteurs…)., les maîtres implicitement visés par ces statuts lyonnais devaient faire partie de l’important prolétariat clérical en charge des écoles paroissiales à la Renaissance. En revanche, les responsabilités concrètes des régents sont tues, cette ellipse étant reconduite dans les statuts synodaux publiés pour ce même diocèse en 1705 sous l’épiscopat de Claude de Saint-Georges13Statuts, ordonnances et reglemens synodaux, Lyon, Chez Pierre Valfray, 1705, <https://books.google.fr/books?id=Er3BtEHhTQYC&dq> [consultation le 21 juillet 2015]..

Il en va semblablement dans le diocèse d’Auch où, dans des statuts de 1698 réitérés en 177014Recueil des statuts synodaux du diocèse d’Auch, Toulouse, Chez Jean-François Robert, 1770, <https://books.google.fr/books?id=Y71duC-KhO0C&dq> [consultation le 20 juillet 2015]., l’article sur les maîtres d’école se borne à justifier le bien-fondé de leur emploi et à rappeler leur indispensable approbation par l’ordinaire diocésain avant leur acceptation par le curé. À Bordeaux (1686), il n’est même pas apparu nécessaire de considérer le maître d’école15Ordonnances et constitutions synodales. Decrets et reglemens, donnés au dioceze de Bordeaux par feus nosseigneurs le cardinal de Sourdis, Henry Descoubleau de Sourdis, Henry de Bethune, archevêques de Bordeaux, Bordeaux, Chez la Veuve de G. de La Court et N. de La Court, 1686, <http://1886.u-bordeaux3.fr/items/show/7416> [consultation le 20 juillet 2015]. Les statuts de 1704 ne traitent que très parcimonieusement du sujet ; cf. Ordonnances synodales du diocèse de Bordeaux, Bordeaux, Chez la Veuve de G. de La Court & N. de La Court, 1704, p. 18-19, <https://books.google.fr/books?id=hcXGKkeNaDkC&dq> [consultation le 21 juillet 2015]. malgré une activité scolaire constatée dans de nombreuses paroisses de ce vaste diocèse16Émile Allain, Contribution à l’histoire de l’instruction primaire dans la Gironde avant la Révolution, Bordeaux-Paris, Feret et fils, Alph. Picard et fils, 1895, <http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5695946k> [consultation le 20 juillet 2015].. Observable dans d’autres diocèses17Cf. les statuts de Mâcon (Ordonnances synodales, Mâcon, Chez Simon Bonard, 1668, <https://books.google.fr/books?id=fDdbCZ04PqcC&dq> [consultation le 22 juillet 2015]) ou de Lavaur (Ordonnances synodales du diocèse de Lavaur, Toulouse, Chez Claude-Gilles Le Camus, 1729, <http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/068688857> [consultation le 24 juillet 2015])., ce silence est singulièrement étonnant à Sens dont le diocèse faisait partie d’une zone où l’implantation d’écoles paroissiales était ancienne et générale. Malgré cela, les statuts de 1658 republiés en 1679 sous Mgr de Gondrin18Recueil des statuts synodaux du diocèse de Sens, Sens, Chez Loüis Prussurot, 1670, <https://books.google.fr/books?id=psD4QJ9axooC&dq> [consultation le 21 juillet 2015]. – pourtant peu suspect de laxisme – ne font aucunement allusion aux régents des petites écoles.

La discrétion de ces documents sur les maîtres d’école ne doit pas conduire à des conclusions catégoriques sur leur rôle en tant que chantres d’églises paroissiales. Dans le diocèse de Lyon, la publication de plusieurs méthodes de plain-chant au milieu du XVIIe siècle (celles de Fornas ou de Tardif par exemple) donne à penser qu’il existait un besoin réel de formation de chantres à un niveau élémentaire. Autre preuve qu’il ne faut pas prendre une absence d’information au pied de la lettre : si les actes synodaux d’Auch ne préconisent rien de précis sur le maître d’école, il n’en va pas de même d’une Instruction pastorale… sur l’état pastoral donnée en 1770 par l’archevêque de ce diocèse, Mgr de Montillet19Instruction pastorale de Monsiegneur l’Archevêque d’Auch sur l’état sacerdotal, Toulouse, Chez Jean-François Robert, 1770.. Dans ce texte redevable des intentions de ce prélat entreprenant et non plus de la tradition disciplinaire des statuts diocésains, le portrait moral et professionnel des maîtres est plus précis20Pour ce qui concerne l’enseignement prodigué par le maître, cette Instruction pastorale insiste sur l’instruction religieuse et la fréquentation des sacrements dont il était le garant auprès des enfants qui lui étaient confiés.. Destinée à un diocèse où la responsabilité des autorités consulaires était primordiale dans l’organisation de l’activité scolaire21Cf. Maurice Bordes, Contribution à l’étude de l’enseignement et de la vie intellectuelle dans les pays de l’Intendance d’Auch au XVIIIe siècle, Auch, Frédéric Cocharaux, 1958., cette Instruction reste cependant prudente au moment de cerner la possible contribution du maître d’école au déroulement du service divin :

le Régent s’attachera à M. le Curé ; il l’aidera dans ses fonctions autant qu’il est possible, & sur-tout pour le chant aux Vêpres, aux Grand’Messes, & dans les autres occasions où il peut avoir besoin de lui22Instruction pastorale…, op. cit., p. 192..

En guise d’ultime raison du mutisme des statuts synodaux sur les petites écoles, il faut noter que celles-ci pouvaient être soumises à un règlement diocésain édicté à part. À Montpellier, l’évêque Colbert de Croissy n’évoque que brièvement les écoles23Statuts et ordonnances synodales du diocèse de Montpellier, Montpellier, Chez la Veuve d’Honoré Pech, 1725, <https://books.google.fr/books?id=v6NOAQAAIAAJ&dq> [consultation le 21 juillet 2015]. tout en enjoignant à se conformer au règlement scolaire établi plus d’un quart de siècle auparavant par son prédécesseur24Ibid., p. xxvii..

Ces exemples montrent que des statuts synodaux n’évoquant pas les fonctions du maître d’école peuvent découler d’assemblées synodales qui furent concentrées sur d’autres aspects de la vie paroissiale, par conséquent des assemblées à l’issue desquelles la propagation d’une norme scolaire transitait par d’autres moyens à la disposition des prélats que les recueils d’ordonnances synodales.

Les statuts des diocèses d’Alet et de Boulogne, ou l’idéalisme en action

Le soin porté à la rédaction de statuts synodaux était parfois corrélé au zèle pastoral des évêques. À ce titre, il n’est pas étonnant que les statuts du petit diocèses languedocien d’Alet aient été parmi les plus détaillés : Nicolas Pavillon en fut l’évêque scrupuleux de 1637 à 1677. Connu pour avoir refusé de signer le Formulaire (1656) condamnant l’Augustinus de Cornelius Jansen, ce proche de Port-Royal deviendra une figure de référence pour le clergé ayant adhéré à l’Appel au siècle suivant ; les textes qu’il émit durant son épiscopat seront alors considérés comme les sources d’un discipline exigeante tant pour les clercs que pour les fidèles25Dans une veine presque hagiographique, cf. Étienne Dejean, Un prélat indépendant au XVIIe siècle : Nicolas Pavillon, évêque d’Alet (1637-1677), Paris, Librairie Plon, 1909, <https://archive.org/details/unprlatindpe00dejeuoft> [consultation le 21 juillet 2015].. Son recueil de Statuts synodaux26Statuts synodaux du diocese d’Alet, Paris, Chez Guillaume Desprez, 1675, <https://books.google.fr/books?id=NtVyTl80TxQC&dq> [consultation le 21 juillet 2015]. rassemble des textes édictés dès ses années de prise en main du diocèse (1640) jusqu’à des articles récents (1674), parmi lesquels est inséré un Reglement pour les Regens & Maistres d’Ecole modelant la vie quotidienne des maîtres laïcs sur celle des clercs. Prières, lecture spirituelle, méditation, étude mais encore entretien de la sacristie et entraînement au chant27Ibid., p. 170. devaient, selon Nicolas Pavillon, occuper le maître hors de ses heures de classe. Par ailleurs, l’évêque inclut le plain-chant parmi les exigences proprement scolaires dans la but de pérenniser la célébration chantée des offices paroissiaux :

Ils leur apprendront à servir modestement & devotement aux messes basses : & ils apprendront à chanter à ceux qui auront de la voix & de la disposition pour le chant, afin qu’ils puissent aider à chanter à la paroisse28Ibid., p. 174..

Ce faisant, Nicolas Pavillon paraît avoir reporté dans ses Statuts une conception du maître d’école et clerc d’église tributaire des usages du bassin parisien où il avait fait ses premières armes sacerdotales dans le sillage de Vincent de Paul.

Mot pour mot, le règlement de Nicolas Pavillon est repris dans les statuts promulgués par Louis de Thomassin, évêque de Sisteron (ép. 1682-1718)29Statuts synodaux du diocese de Sisteron, Aix, Chez Jean Adibert, 1711, <https://books.google.fr/books?id=QZm1Uj9sIAwC&dq> [consultation le 21 juillet 2011].. Cet prélat aux sympathies difficiles à cerner30En l’absence de travaux récents, cf. Henri Fisquet, La France pontificale – Gallia christiana, “Métropole d’Aix – Digne (2ème partie)”, Paris, Étienne Repos, s. d. [1870], p. 130-134. puisa dans les règlements de Nicolas Pavillon malgré la réputation “jansénisante” de ce dernier. Et celle-ci ne fit pas non plus reculer Charles Le Goux de La Berchère : bien que prompt à publier la bulle Unigenitus dans son diocèse31Armand Jean, Les évêques et les archevêques de France depuis 1682 jusqu’à 1801, Paris-Mamers, Alphonse Picard-G. Fleury et A. Dangin, 1891, p. 252., cet  archevêque de Narbonne (ép. 1703-1719) s’inspira fortement des statuts synodaux d’Alet au moment de publier les siens32Statuts synodaux du diocèse de Narbonne, Narbonne, Chez G. Besse, s. d. [1706], <https://books.google.fr/books?id=D5zkWYqeIssC&dq> [consultation le 21 juillet 2015].. Bien plus compréhensible est l’influence de ces mêmes statuts de Nicolas Pavillon sur ceux donnés par Charles de Caylus pour son diocèse d’Auxerre en 174133Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evêque d’Auxerre, Paris, De l’Imprimerie de Philippe-Nicolas Lottin, 1742, <https://books.google.fr/books?id=hNyEKs_jPqgC&dq> [consultation le 21 juillet 2015].. Cet évêque avait fait de son siège un carrefour des réseaux appelants qui reconnaissaient en l’ancien évêque d’Alet un inspirateur34Cf. Pascal Geneste, Monseigneur de Caylus (1669-1754), évêque d’Auxerre, le ‘défenseur de la Vérité’, thèse de l’École nationale des chartes, 1997..

Sans avoir joui d’une pareille renommée, les ordonnances du diocèse de Boulogne publiées par Mgr de Pressy en 174635Statuts synodaux du diocèse de Boulogne, Boulogne, Chez P. Battut, 1746. Ce règlement fut confirmé en 1770 (Statuts synodaux du diocèse de Boulogne, Boulogne, Chez Ch. Battut, 1770, <https://books.google.com/books?id=FhfJ_xq7LtYC> [consultation le 24 juillet 2015]). dressent un portrait au moins aussi exigeant du régent des petits écoles, y compris du point de vue de ses obligations “vocales”. Selon ce règlement reprenant une partie du legs laissé par le très consciencieux évêque Pierre de Langle (ép. 1698-1738) – un des prélats signataires de l’Appel de 1717 -, le chant du maître d’école durant les offices devait à lui seul “exciter la dévotion du Peuple36Ibid., p. 37.”. Mais c’est aussi au maître que revenait, éventuellement en l’absence de prêtre, la direction des exercices dévotionnels collectifs impliquant la récitation à voix haute de prières ou le chant : “prière du matin” et “prière du soir” avec les paroissiens les dimanches et fêtes, prières quotidiennes et salut vespéral en semaine avec les écoliers, catéchisme…

Promouvoir et contenir : le chant du maître d’école et des enfants dans les statuts synodaux

Entre la retenue de certaines ordonnances et la vision quelque peu idéalisée développée dans les statuts d’Alet et de Boulogne, d’autres règlements diocésains permettent, tout d’abord, de dessiner à grands traits une géographie de l’association des fonctions de régents d’école et de chantre paroissial. Si leur superposition est implicite dans la plupart des statuts des diocèses de la France centrale37Il existe toutefois des exceptions à cela. Par exemple, les statuts synodaux du Mans (1737) abordent le fonctionnement des écoles paroissiales et le profil de leurs maîtres, mais ceux-ci ne sont pas évoqués dans les articles concernant l’office divin ; Ordonnances synodales du diocèse du Mans, Le Mans, Chez Louis-Jacques Peguineau, [1737], <https://books.google.fr/books?id=g0XhH0rtkGwC&dq> [consultation le 22 juillet 2015]., elle n’apparaît pas dans ceux des diocèses méridionaux (tableau 1). Certes, l’aide des laïcs dans le chant de l’office y est suggérée, mais sans que le maître d’école fasse fonction de pivot entre les prêtres et les fidèles. Même le “clerc” rapidement nommé dans les ordonnances synodales de Pamiers ne semble pas être confondu avec le régent des écoles.

tableau 1
Grasse (1666) Et s’il n’y a pas nombre suffisant de Clercs pour psalmodier, ils seront soigneux de dresser quelques laïques, gens d’aage, & de probité au plein chant, afin de les soulager38Ordonnances et instructions synodales [pour le diocèse de Grasse], Lyon, Chez Jean Gregoire, 1666, p. 152, <https://books.google.fr/books?id=dPMKWtlWQIQC&dq> [consultation le 22 juillet 2015].. 
Aix (1694) Ils [les curés et les vicaires] chanteront Vêpres & Complies tous les Dimanches & jours de Fêtes, à quoy ils éleveront les jeunes garçons, pour en être aidés à chanter avec plus d’édification39Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime Daniel de Cosnac, archevesque d’Aix, Aix, Par la Veuve de Charles David et Antoine David, 1694, p. 51, <https://books.google.fr/books?id=7bu6B0Q5v2sC&dq> [consultation le 22 juillet 2015].
Pamiers (1702) C’est pourquoi Nous ordonnons à tous Recteurs & Vicaires de chanter vêpres tous les Dimanches & Fêtes […], pour cela outre leur clerc ils auront soin d’instruire au plain chant quelques enfans de la Paroisse pour les aider a chanter, que s’ils ne peuvent avoir personne ils les diront posement, & distinctement en psalmodiant40Ordonnances synodales imprimées par ordre de Monseigneur l’Illustrissime & Révérendissime Messire Jean-Baptiste de Verthamon, Toulouse, Chez la Veuve de J. J. Boude, 1702, p. , <http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/075579758> [consultation le 23 juillet 2015].

D’ailleurs, à Agen, en 1673, ce sont les vicaires – et non les régents – qui sont exhortés à “s’occuper tous les jours à l’étude des scie[n]ces qui leur sont necessaires, au plein chant, à y dresser les enfans qui auront disposition de voix41Statuts et reglemens synodaux du diocese d’Agen, op. cit., p. 166.”, ce qui concordait avec leur obligation de prendre part au chant des vêpres les dimanches et fêtes42Selon ces mêmes statuts, les certificats que fournissaient les vicaires désireux de se faire assumer par un curé devaient mentionner d’ils chantaient effectivement cet office les dimanches et fêtes ; ibid.. Seules les ordonnances de Mirepoix (1697) incluent l’initiation des écoliers au chant parmi les charges des régents43”Ils leur apprendront à servir à la Messe basse & aux Offices de l’Eglise, & à chanter au lutrain quand ils trouveront en eux de l’inclination & de la disposition au chant.” ; Ordonnances synodales du diocèse de Mirepoix, Toulouse, Chez la Veuve de J. J. Boude, 1697, p. 193, <http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/075579146> [consultation le 24 juillet 2015].. Au contraire, lorsqu’ils évoquent l’apprentissage du plain-chant par les enfants, les règlements synodaux des diocèses situés au-dessus d’une approximative ligne Bordeaux-Lyon confient fréquemment au maître d’école le soin de cette tâche. À la charnière de ces deux conceptions se situerait la situation décrite dans les statuts du diocèse d’Uzès qui distingue la figue du régent au sein d’un dispositif surtout clérical :

Es Eglises de nostre Diocese, où il y a nombre de Prestres jusqu’à trois, Nous voulons que tous les Dimanches la Messe se dise haute, & que l’Evangile soit chanté par un Diacre revestu des habits de son Ordre, & l’Epistre par un Clerc revestu de surplis, tandis que l’autre Preste avec le Maistre d’Escole, (sil y en a) ou autres Clercs de la Paroisse, conduiront le Chœur44Ordonnances synodales pour le diocese d’Uzès, Montpellier, Par Daniel Pech, 1654, p. 17-18, <https://books.google.fr/books?id=_DJGthaVtEIC> [consultation le 24 juillet 2015]..

Un deuxième élément d’information fourni par les statuts synodaux concerne cette fois les fonctions assignées au chant des écoliers. Les ordonnances synodales requièrent majoritairement que les enfants assistent aux offices paroissiaux – sans parler de la messe quotidienne programmée sur le temps scolaire – sous la surveillance du régent des écoles et qu’ils s’adonnent alors à une activité pieuse (récitation de prières, lecture de leurs livres d’Heures), celle-ci pouvant être conçue comme une manière de “[s’unir] au Prêtre dans toutes les parties de la Messe45Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evêque d’Auxerre, op. cit., p. 22.”. Mais quelques statuts mentionnent expressément le chant comme l’une des possibilités offertes aux écoliers lors de leur fréquentation des offices, le terme “écoliers” étant à prendre vraisemblablement au sens restrictif de “garçons”. Leur participation répond alors à des motivations différenciées selon les contextes locaux.

Conformément à la longue tradition des écoles latines, faire pratiquer le chant était un moyen pour éprouver et valoriser les vocations cléricales naissantes. Les ordonnances synodales données par Mgr de La Rochefoucauld à Bourges en 1738 évoque obliquement cette utilité du chant chez les jeunes garçons :

Ordonnons aux Maîtres d’école qui sont tonsurés d’assister en habit d’Eglise les Fêtes & les Dimanches au servicie divin de la Paroisse, d’y conduire les Enfans qu’ils enseignent, & de leur inspirer le respect & la modestie qu’on doit avoir dans le lieu saint : d’instruire dans le Pleinchant ceux qui leur paroîtront y avoir le plus de dispositions. Recommandons très expressement aux Maîtres d’école seculiers & surtout à ceux qui ont des Pensionnaires de suivre la même regle & d’avoir le même zele pour le culte de Dieu & pour l’office de Paroisse46Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime & Reverendissime Frederic Jerosme Deroye de La Rochefoucauld, Bourges, De l’Imprimerie de la V. Jacques Boyer, 1738, “Des maitres et maitresses d’école”, p. 10, <https://books.google.fr/books?id=T7HpKBktMNkC&dq> [consultation le 23 juillet 2015]. La recommandation est également formulée dans le chapitre “Des vicaires”, p. 3..

Les “dispositions” auxquelles les maîtres doivent être attentifs peuvent être comprises comme celles permettant de chanter. Mais la formulation est ambivalente puisque ces mêmes dispositions semblent aussi concerner “le respect & la modestie qu’on doit avoir dans le lieu saint” : elles deviennent alors une qualité attendue de la part de futurs clergeons, ce profil d’écolier pouvant être plus particulièrement visé par la répétition de l’exhortation à destination des maîtres “qui ont des Pensionnaires”.

C’est dans le diocèse voisin d’Autun que les règlements synodaux visent, très nettement cette fois, à favoriser l’orientation vers la cléricature par la pratique enfantine du plain-chant :

Les Curés veilleront soigneusement sur la conduite des jeunes Clercs de leur paroisse. Ils les formeront aux Ceremonies de l’Eglise, & les éleveront dans l’esprit de leur vocation. Nous les exhortons aussi de choisir dans leurs Parroisses quelques Enfans dans lesquels ils remarqueront de l’ouverture d’esprit, & des dispositions à la pieté. Ils leur apprendront le latin, & le plein chant, les porteront à être assidus aux Offices Divins, & y assister avec modestie, les disposant par là à être élevez à la Clericature, si Dieu les y appelle, ainsi que quelques-uns l’on déjà fait avec fruit & édification47Ordonnances synodales de Monsigneur l’Illustrissime & Reverendissime Evêque d’Autun, Autun, Chez Antoine Chervau, 1706, “Des Clercs”, p. 9, <https://books.google.fr/books?id=6jFcAr_lLtEC&dq> [consultation le 23 juillet 2015]. Le règlement scolaire pour ce même diocèse promulgué en 1685 comportait déjà un tel accent sur le chant scolaire mais avec une visée plus générale : “Ils [les maître] leur aprendront à répondre la Messe à plier les Ornemens, parer les Autels, balayer quelques fois l’Eglise, & leur enseigneront soigneusement le plain Chant” ; repris dans Ordonnances sunodales de Messeigneurs les Illust. et Rever. Evêques d’Autun, Autun, Chez Vivant-François Chervau, 1750, p. 155, <https://books.google.fr/books?id=NIoO0BfUqroC&pg> [consultation le 17 octobre 2015]..

L’attention portée dans les règlements synodaux au chant des enfants dépendait également d’un souci, plus général, du maintien d’un saine discipline liturgique au sein des paroisses. L’initiation au chant des écoliers consistait alors en une première étape sur le chemin rejoignant les laïcs adultes (y compris le maître) au lutrin paroissial. Le diocèse dont les statuts évoquent le plus franchement cette vocation de l’apprentissage scolaire du plain-chant est celui d’Auxerre48Cf. Maximilen Quantin, Histoire de l’instruction primaire avant 1790 dans les pays formant le département de l’Yonne, Auxerre, Perriquet, 1874.. Rattaché à la province ecclésiastique de Sens, il appartenait à cette large zone rayonnant à partir du bassin parisien vers ses extensions proches (Bourgogne, Champagne, Picardie, Normandie, Vendômois, Orléanais, Berry) au sein de laquelle la présence d’un maître d’école-chantre par paroisse était quasiment une norme. S’ajoutait à ceci la coutume du concours vocal des hommes au chant du service divin, ce qui ne pouvait qu’inciter les rédacteurs des statuts synodaux à décrire ou à encourager l’initiation des garçons au plain-chant, elle-même condition du maintien de l’intégrité du service divin :

Il n’est pas nécessaire d’insister sur la nécessité des petites Ecoles, pour que l’Office Divin soit chanté & célébré dans les Paroisses de la Campagne avec la décence convenable49Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evêque d’Auxerre, op. cit., p. 169..

Destinataires prioritaires des préconisations synodales, les curés du diocèse d’Auxerre étaient engagés à pallier si nécessaire l’absence de maître et à assumer eux-mêmes l’apprentissage du chant auprès des plus jeunes :

Les Curés veilleront à ce que les Maîtres d’école apprennent le chant à ceux des enfans qui y ont le plus de disposition ; & où il n’y aura point de Maître d’école, ils le leur apprendront eux-mêmes, autant qu’il leur sera possible50Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evêque d’Auxerre, op. cit., p. 66. Par ailleurs, selon le Règlement pour les Ecoles de ce recueil, les maîtres doivent à “[apprendre aux écoliers] à servir dévotement & modestement aux Messes basses, & à chanter au lutrin” ; ibid., p. 24. En l’absence de chantres laïcs pour les seconder, les curés et vicaires de ce diocèse sont appelés par ces mêmes statuts à “[réciter vêpres et complies] à haute voix sans les chanter”..

À Auxerre comme dans les diocèses avoisinants, l’importance du régent-chantre comme transmetteur de la capacité à chanter était tellement évidente pour les paroissiens comme pour les clercs que les statuts synodaux de Dijon (1744) prévoient de conditionner l’approbation épiscopale des maîtres à une maîtrise suffisante du chant51Ordonnances synodales du diocèse de Dijon, Dijon, Chez Pierre de Saint, 1744, p. 82, <https://books.google.fr/books?id=7IMD7A6_P6IC&dq> [consultation le 22 juillet 2015]., pendant que les statuts de Bourges (1738) admettent qu’il est rare, pour un curé, de ne pouvoir compter sur des voix supplémentaires pour chanter les vêpres52Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime & Reverendissime Frederic Jerosme Deroye de La Rochefoucauld, op. cit., “De l’Office de paroisse”, p. 12.. La prévalence de ce modèle dans certains diocèses favorisaient la superposition de logiques laïques aux principes ecclésiastiques organisant le service du chantre paroissial, ce qui entraîna les rédacteurs des statuts auxerrois à préciser que “[les régents] auront un grand respect pour les Curés, Vicaires, & autres Ecclésiastiques, les aidant dans la célébration de l’Office divin, non par coutume, ou seulement pour leur profit, mais afin de plaire à Dieu53Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evêque d’Auxerre, op. cit., p. 22.. Ce contexte explique enfin pourquoi les statuts du diocèse de Troyes de 172954Statuts synodaux, ordonnances, et reglemens pour le diocèse de Troyes, Troyes, Chez Pierre Michelin, 1729, <https://books.google.fr/books?id=pb7juR4iviEC&dq> [consultation le 22 juillet 2015]. reconduisent une défense ancienne (prise en 1652 et reformulée en 1668) faite aux curés de laisser les maîtres d’école chanter les vêpres en leur absence.

Plus rarement, la pratique du chant ecclésiastique par les écoliers est mobilisée dans les statuts synodaux en tant que marqueur confessionnel. Caractérisé par la cohabitation entre catholiques et huguenots depuis le XVIe siècle, le diocèse de Die était soumis à une conflictualité latente avec les Nouveaux-Convertis depuis la révocation de l’édit de Nantes. Dans ce contexte, ses statuts synodaux postérieurs à cet événement déplorent que certains parents “défendent aux Maîtres d’école de leur apprendre à lire en Latin55Ordonnances synodales du diocèse de Die, Grenoble, Chez Alexandre Giroud, 1698, p. 31, <https://books.google.fr/books?id=l-4c2hIzg58C&dq> [consultation le 22 juillet 2015].”, alors que des maîtres d’école étaient eux-mêmes d’anciens huguenots. Désireux d’enrayer cette opposition, l’évêque Séraphin de Pajot conclut que

dans le desir que Nous avons qu’un chacun puisse unir le cœur & la voix dans les Eglises, Nous Ordonnons à tous Maîtres d’école d’enseigner aux enfans à lire en Latin avant que de leur apprendre à lire en François56Ibid., p. 31-32..

En dernier lieu, des ordonnances synodales paraissent reconnaître aux enfants une mission à part entière dans le chant des offices paroissiaux. Très attentif dans son Catéchisme à l’association des fidèles à la célébration du service divin, Colbert de Croissy, évêque de Montpellier, insiste sur la place privilégiée dans le chœur dont devaient bénéficier les écoliers :

Feront lesdits Prieurs, Vicaires & Curés les Offices divins dans le Chœur & Presbitere, dans lesquels ils n’admettront que les Clercs, Maîtres d’Ecole, & les jeunes Enfans de la Paroisse, pour les aider à chanter ; & ne soufriront les Bancs & les Sieges des Laïques dans ledit Presbitere, même ceux des Viguiers, Baïles, Consuls, & autres Magistrats des Lieux, lesquels pourront mettre leurs Sieges & Bancs au Lieu plus honorable de l’Eglise hors le Presbitere : Comme aussi ne permettront pas que les Bancs des Paroissiens qui seront dans l’Eglise, ocupent ou touchent les Autels57Statuts et ordonnances synodales du diocèse de Montpellier, op. cit., p. XXI. Au contraire, les statuts synodaux de Bourges recommandent aux curés de “[ne] point laisser occuper les places [du chœur] au préjudice de leur Clergé par les Femmes, Enfans, & toutes autres personnes inutiles au chant de l’Office, ou qui pourroient causer du trouble & de l’embarras dans les ceremonies” ; Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime & Reverendissime Frederic Jerosme Deroye de La Rochefoucauld, op. cit., “Des Eglises”, p. 4. Toutefois, ces “Enfans” nommés juste après les “Femmes” sont peut-être les enfants trop jeunes pour être scolarisés et, de ce fait, non placés sous la gouverne du régent d’école pendant les offices..

Cette attachement au chant des “jeunes gens” pouvait être tributaire du désir de procurer aux curés les ministres nécessaires à l’accomplissement plénier du service divin, ainsi que le suggère l’archevêque de Bourges :

Nous recommandons très expressement aux Curés, & principalement à ceux qui n’ont point de Clergé, de ne rien négliger pour la décence du Service Divin, en formant de jeunes gens dans le chant & les ceremonies de l’Eglise, & même en leur procurant des Aubes ou des surplis avec des bonnets carrés : c’est par ce moyen que les bons Curés ont la consolation de permetuer dans leurs Paroisses l’esprit & le goût de la priere publique & d’avoir toujours des Chantres & des Ministres qui les aident à faire l’Office d’une maniere édifiante & convenable58Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime & Reverendissime Frederic Jerosme Deroye de La Rochefoucauld, op. cit., “De l’office de paroisse”, p. 13..

La participation aux offices des écoliers revenait alors à mettre en avant la figure de l’enfant chantant, spectacle censé élever la conscience des auditeurs comme le souhaitent les auteurs des statuts d’Agen, de Dijon et d’Albi (tableau 2).

 tableau 2  
Agen (1673) Le plain chant étant un moyen propre & facile pour renouveller la devotion du peuple, les Curés & Vicaires s’y exerceront tous les jours pendant quelque temps & y dressero[n]t les enfans de leurs paroisses qui se trouveront y avoir disposition, pour cet effet ils se pourvoiront au plûtost d’un graduel & d’un antiphonaire59Statuts et reglemens synodaux du diocese d’Agen, op. cit., p. 66. Ce texte se poursuit en accentuant la prescription : “[dans le cas où les curés et vicaires n’auraient personne pour les aider,] Nous leur accordons six mois de temps, durant lesquels ils formeront au plain chant quelques enfans de la paroisse & diront vespres & complies en psalmodiant posement, distinctement & d’un ton de voix moderement elevé & lesdits six mois passés ils chanteront vespres, exhorteront leurs parroissiens de s’y trouver & principalement les seigneurs, dames, magistrats & autres personnes qualifiés de les y attirer par leurs exemples.” ; ibid., p. 67..  
Dijon (1744) Les maîtres outre les leçons qu’ils donneront aux enfans sur la lecture, & sur l’écriture, leur enseigneront les quatre principales règles de l’arithmétique ; ils donneront même des leçons de plein-chant, à ceux qu’ils croiront en état d’en profiter, & en formeront quelques uns aux cérémonies de l’Eglise, ausquelles on pourra les employer avec édification dans les campagnes, & principalement à servir à la Messe60Ordonnances synodales du diocèse de Dijon, op. cit., p. 82..  
Albi (1762) Rien n’est plus propre à attirer les Fideles à l’Office de la Paroisse que lorsqu’ils y entendent chanter les louanges du Seigneur. Ainsi Nous ordonnons que la Messe de Paroisse soit chantée chaque Dimanche & Fête dans les Eglises même de la campagne où il se trouvera des personnes qui sçachent le chant. Nous recommandons aux Curés, Vicaires & autres Ecclésiastiques de la campagne de bien apprendre le chant, & de l’enseigner à ceux de leurs Paroissiens & sur-tout aux jeunes gens qui leur paroîtront avoir le plus de piété & de disposition ; ils les instruiront aussi dans les Cérémonies de l’Eglise61 Statuts synodaux du diocese d’Alby, Albi, Chez J. B. Laurens, 1763, p. 76-77, <http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/099032619> [consultation le 24 juillet 2015]..  

Conclusion

Il apparaît en définitive que les statuts synodaux, sans jamais entrer dans les mêmes détails que les contrats d’engagement de maîtres ou, dans un autre genre, que les traités pédagogiques, parviennent néanmoins à éclairer une partie des objectifs visés par l’initiation des écoliers au chant. D’origine ancestrale, celle-ci fut revêtue par les membres de plusieurs curies épiscopales d’une utilité nouvelle : la voix des enfants résonant dans le cadre de la célébration du service divin leur apparaissait en effet comme un des vecteurs de la “mission permanente” à laquelle l’époque les astreignait.

(X. Bisaro, juillet 2015)

Autour de ce sujet

Les commentaires sont clos.

    Notes   [ + ]

    1. Les recueils de statuts synodaux pouvaient également être titrés “règlements”, “ordonnances” ou “constitutions”, ces vocables étant combinables à l’envi. Étant donné ce flou terminologique, ils seront indifféremment employés dans le cours de cette étude.
    2. Sur les synodes diocésains dans la France d’Ancien Régime, cf. Marc Aoun, Jeanne Marie Tuffery-Andrieu (éd.), Conciles provinciaux et synodes diocésains du Concile de Trente à la Révolution française : défis ecclésiaux et enjeux politiques ?, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2010.
    3. Antoine Furetière, Dictionnaire universel, La Haye-Rotterdam, Chez Arnout et Reinier Leers, 1691, t. II, p. 758.
    4. La bibliographie des status synodaux français a été établie par André Artonne, Louis Guizard et Odette Pontal, Répertoire des statuts synodaux des diocèses de l’ancienne France : du XIIIe à la fin du XVIIIe siècle, Paris, Centre nationale de la recherche scientifique, 1969. Pour une approche générale de ces sources, cf. J. Michael Hayden et Malcolm R. Greenshields, “Les Réformations catholiques en France : le témoignage des statuts synodaux”, Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 48/1 (2001), p. 5-29, <http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=RHMC_481_0005> [consultation le 31 juillet 2015].
    5. Les textes règlementaires de Carlo Borromeo furent traduits et, parfois, publiés en ouverture de statuts synodaux diocésains ; cf. le cas des Instructions de S. Charles Borromée… et les ordonnances synodales du diocèse d’Aix, Lyon, Chez Benoist Vignieu, 1707, <https://books.google.fr/books?id=yQXHfEsaeLIC&pg> [consultation le 23 juillet 2015].
    6. Cf. Joseph Bergin, The making of the French episcopate (1589-1661), New Haven, Yale Unversity Press, 1996 et, du même, Crown, Church and episcopate under Louis XIV, New Haven, Yale University Press, 2004.
    7. Sur les configurations paroissiales dans la France d’Ancien Régime, cf. Antoine Follain, Le village sous l’Ancien régime, Paris, Fayard, 2008.
    8. Jean-Pierre Locatelli, “L’enseignement primaire et les maîtres d’école à la fin du XVIIe siècle dans le diocèse d’Auxerre”, Revue d’histoire de l’Église de France, LVII, n° 158 (1971), p. 97-98.
    9. Les différentes charges du maître d’école sont considérées dans les statuts touchant explicitement aux écoles. Cependant, le maître peut être évoqué incidemment dans ceux concernant la célébration du service divin. Ce travail repose donc sur le dépouillement de l’intégralité des statuts synodaux consultés, et non pas seulement des sections traitant des écoles.
    10. Les statuts synodaux suivants ont été consultés dans le cadre de cette étude (par ordre chronologique croissant de publication) : Lyon (1577), Toulouse (1597), Comminges (1608), Grasse (1644), Uzès (1654), Sens (1658), Toulouse (1659), Mâcon (1668), Agen (1673), Alet (1674), Angers (1680), Bordeaux (1686), Grenoble (1690), Aix (1694), Paris (1697), Mirepoix (1697), Die (1698), Pamiers (1702), Bordeaux (1704), Lyon (1705), Autun (1706), Narbonne (1706), Aix (1707), Sisteron (1710), Troyes (1722), Montpellier (1725), Lavaur (1729), Toulouse (1729), Troyes (1729), Vienne (1730), Le Mans (1737), Bourges (1738), Auxerre (1741), Aix (1742), Dijon (1744), Arras (1746), Boulogne (1746), Autun (1750), Comminges (1751), Belley (1759), Lyon (1761), Albi (1763), Auch (1770), La Rochelle (1780), Troyes (1785).
    11. Statuts et Ordonnances synodales de l’Eglise metropolitaine de Lyon, primatiale des Gaules, Lyon, Par Jean Stratius, 1577, f° 31, <http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79060f> [consultation le 20 juillet 2015].
    12. Plus d’un siècle plus tard, les statuts synodaux du diocèse de Grenoble joignent en un même chapitre les “Maîtres & Maîtresses d’école” avec les “Imprimeurs & Libraires” ; Ordonnances synodales du diocese de Grenoble, Grenoble, Chez Alexandre Giroud – Lyon, chez Claude Rey, 1690, p. 212, <https://books.google.fr/books?id=eIgmPWmjqioC&dq> [consultation le 21 juillet 2015]. il en va de même pour les statuts synodaux d’Agen, dont le chapitre XXXVIII est titré “Des Maistres d’Ecole & des imprimeurs” ; Statuts et reglemens synodaux du diocese d’Agen, Agen, Par Antoine Bru, 1673, <https://books.google.fr/books?id=SBdKuJ9A33sC&dq> [consultation le 22 juillet 2015]. Ce rapprochement atteste que les maîtres et maîtresses étaient assimilés aux acteurs les plus sensibles de l’instruction religieuse (libraires, prédicateurs voire colporteurs…).
    13. Statuts, ordonnances et reglemens synodaux, Lyon, Chez Pierre Valfray, 1705, <https://books.google.fr/books?id=Er3BtEHhTQYC&dq> [consultation le 21 juillet 2015].
    14. Recueil des statuts synodaux du diocèse d’Auch, Toulouse, Chez Jean-François Robert, 1770, <https://books.google.fr/books?id=Y71duC-KhO0C&dq> [consultation le 20 juillet 2015].
    15. Ordonnances et constitutions synodales. Decrets et reglemens, donnés au dioceze de Bordeaux par feus nosseigneurs le cardinal de Sourdis, Henry Descoubleau de Sourdis, Henry de Bethune, archevêques de Bordeaux, Bordeaux, Chez la Veuve de G. de La Court et N. de La Court, 1686, <http://1886.u-bordeaux3.fr/items/show/7416> [consultation le 20 juillet 2015]. Les statuts de 1704 ne traitent que très parcimonieusement du sujet ; cf. Ordonnances synodales du diocèse de Bordeaux, Bordeaux, Chez la Veuve de G. de La Court & N. de La Court, 1704, p. 18-19, <https://books.google.fr/books?id=hcXGKkeNaDkC&dq> [consultation le 21 juillet 2015].
    16. Émile Allain, Contribution à l’histoire de l’instruction primaire dans la Gironde avant la Révolution, Bordeaux-Paris, Feret et fils, Alph. Picard et fils, 1895, <http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5695946k> [consultation le 20 juillet 2015].
    17. Cf. les statuts de Mâcon (Ordonnances synodales, Mâcon, Chez Simon Bonard, 1668, <https://books.google.fr/books?id=fDdbCZ04PqcC&dq> [consultation le 22 juillet 2015]) ou de Lavaur (Ordonnances synodales du diocèse de Lavaur, Toulouse, Chez Claude-Gilles Le Camus, 1729, <http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/068688857> [consultation le 24 juillet 2015]).
    18. Recueil des statuts synodaux du diocèse de Sens, Sens, Chez Loüis Prussurot, 1670, <https://books.google.fr/books?id=psD4QJ9axooC&dq> [consultation le 21 juillet 2015].
    19. Instruction pastorale de Monsiegneur l’Archevêque d’Auch sur l’état sacerdotal, Toulouse, Chez Jean-François Robert, 1770.
    20. Pour ce qui concerne l’enseignement prodigué par le maître, cette Instruction pastorale insiste sur l’instruction religieuse et la fréquentation des sacrements dont il était le garant auprès des enfants qui lui étaient confiés.
    21. Cf. Maurice Bordes, Contribution à l’étude de l’enseignement et de la vie intellectuelle dans les pays de l’Intendance d’Auch au XVIIIe siècle, Auch, Frédéric Cocharaux, 1958.
    22. Instruction pastorale…, op. cit., p. 192.
    23. Statuts et ordonnances synodales du diocèse de Montpellier, Montpellier, Chez la Veuve d’Honoré Pech, 1725, <https://books.google.fr/books?id=v6NOAQAAIAAJ&dq> [consultation le 21 juillet 2015].
    24. Ibid., p. xxvii.
    25. Dans une veine presque hagiographique, cf. Étienne Dejean, Un prélat indépendant au XVIIe siècle : Nicolas Pavillon, évêque d’Alet (1637-1677), Paris, Librairie Plon, 1909, <https://archive.org/details/unprlatindpe00dejeuoft> [consultation le 21 juillet 2015].
    26. Statuts synodaux du diocese d’Alet, Paris, Chez Guillaume Desprez, 1675, <https://books.google.fr/books?id=NtVyTl80TxQC&dq> [consultation le 21 juillet 2015].
    27. Ibid., p. 170.
    28. Ibid., p. 174.
    29. Statuts synodaux du diocese de Sisteron, Aix, Chez Jean Adibert, 1711, <https://books.google.fr/books?id=QZm1Uj9sIAwC&dq> [consultation le 21 juillet 2011].
    30. En l’absence de travaux récents, cf. Henri Fisquet, La France pontificale – Gallia christiana, “Métropole d’Aix – Digne (2ème partie)”, Paris, Étienne Repos, s. d. [1870], p. 130-134.
    31. Armand Jean, Les évêques et les archevêques de France depuis 1682 jusqu’à 1801, Paris-Mamers, Alphonse Picard-G. Fleury et A. Dangin, 1891, p. 252.
    32. Statuts synodaux du diocèse de Narbonne, Narbonne, Chez G. Besse, s. d. [1706], <https://books.google.fr/books?id=D5zkWYqeIssC&dq> [consultation le 21 juillet 2015].
    33. Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evêque d’Auxerre, Paris, De l’Imprimerie de Philippe-Nicolas Lottin, 1742, <https://books.google.fr/books?id=hNyEKs_jPqgC&dq> [consultation le 21 juillet 2015].
    34. Cf. Pascal Geneste, Monseigneur de Caylus (1669-1754), évêque d’Auxerre, le ‘défenseur de la Vérité’, thèse de l’École nationale des chartes, 1997.
    35. Statuts synodaux du diocèse de Boulogne, Boulogne, Chez P. Battut, 1746. Ce règlement fut confirmé en 1770 (Statuts synodaux du diocèse de Boulogne, Boulogne, Chez Ch. Battut, 1770, <https://books.google.com/books?id=FhfJ_xq7LtYC> [consultation le 24 juillet 2015]).
    36. Ibid., p. 37.
    37. Il existe toutefois des exceptions à cela. Par exemple, les statuts synodaux du Mans (1737) abordent le fonctionnement des écoles paroissiales et le profil de leurs maîtres, mais ceux-ci ne sont pas évoqués dans les articles concernant l’office divin ; Ordonnances synodales du diocèse du Mans, Le Mans, Chez Louis-Jacques Peguineau, [1737], <https://books.google.fr/books?id=g0XhH0rtkGwC&dq> [consultation le 22 juillet 2015].
    38. Ordonnances et instructions synodales [pour le diocèse de Grasse], Lyon, Chez Jean Gregoire, 1666, p. 152, <https://books.google.fr/books?id=dPMKWtlWQIQC&dq> [consultation le 22 juillet 2015].
    39. Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime Daniel de Cosnac, archevesque d’Aix, Aix, Par la Veuve de Charles David et Antoine David, 1694, p. 51, <https://books.google.fr/books?id=7bu6B0Q5v2sC&dq> [consultation le 22 juillet 2015].
    40. Ordonnances synodales imprimées par ordre de Monseigneur l’Illustrissime & Révérendissime Messire Jean-Baptiste de Verthamon, Toulouse, Chez la Veuve de J. J. Boude, 1702, p. , <http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/075579758> [consultation le 23 juillet 2015].
    41. Statuts et reglemens synodaux du diocese d’Agen, op. cit., p. 166.
    42. Selon ces mêmes statuts, les certificats que fournissaient les vicaires désireux de se faire assumer par un curé devaient mentionner d’ils chantaient effectivement cet office les dimanches et fêtes ; ibid.
    43. ”Ils leur apprendront à servir à la Messe basse & aux Offices de l’Eglise, & à chanter au lutrain quand ils trouveront en eux de l’inclination & de la disposition au chant.” ; Ordonnances synodales du diocèse de Mirepoix, Toulouse, Chez la Veuve de J. J. Boude, 1697, p. 193, <http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/075579146> [consultation le 24 juillet 2015].
    44. Ordonnances synodales pour le diocese d’Uzès, Montpellier, Par Daniel Pech, 1654, p. 17-18, <https://books.google.fr/books?id=_DJGthaVtEIC> [consultation le 24 juillet 2015].
    45. Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evêque d’Auxerre, op. cit., p. 22.
    46. Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime & Reverendissime Frederic Jerosme Deroye de La Rochefoucauld, Bourges, De l’Imprimerie de la V. Jacques Boyer, 1738, “Des maitres et maitresses d’école”, p. 10, <https://books.google.fr/books?id=T7HpKBktMNkC&dq> [consultation le 23 juillet 2015]. La recommandation est également formulée dans le chapitre “Des vicaires”, p. 3.
    47. Ordonnances synodales de Monsigneur l’Illustrissime & Reverendissime Evêque d’Autun, Autun, Chez Antoine Chervau, 1706, “Des Clercs”, p. 9, <https://books.google.fr/books?id=6jFcAr_lLtEC&dq> [consultation le 23 juillet 2015]. Le règlement scolaire pour ce même diocèse promulgué en 1685 comportait déjà un tel accent sur le chant scolaire mais avec une visée plus générale : “Ils [les maître] leur aprendront à répondre la Messe à plier les Ornemens, parer les Autels, balayer quelques fois l’Eglise, & leur enseigneront soigneusement le plain Chant” ; repris dans Ordonnances sunodales de Messeigneurs les Illust. et Rever. Evêques d’Autun, Autun, Chez Vivant-François Chervau, 1750, p. 155, <https://books.google.fr/books?id=NIoO0BfUqroC&pg> [consultation le 17 octobre 2015].
    48. Cf. Maximilen Quantin, Histoire de l’instruction primaire avant 1790 dans les pays formant le département de l’Yonne, Auxerre, Perriquet, 1874.
    49. Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evêque d’Auxerre, op. cit., p. 169.
    50. Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evêque d’Auxerre, op. cit., p. 66. Par ailleurs, selon le Règlement pour les Ecoles de ce recueil, les maîtres doivent à “[apprendre aux écoliers] à servir dévotement & modestement aux Messes basses, & à chanter au lutrin” ; ibid., p. 24. En l’absence de chantres laïcs pour les seconder, les curés et vicaires de ce diocèse sont appelés par ces mêmes statuts à “[réciter vêpres et complies] à haute voix sans les chanter”.
    51. Ordonnances synodales du diocèse de Dijon, Dijon, Chez Pierre de Saint, 1744, p. 82, <https://books.google.fr/books?id=7IMD7A6_P6IC&dq> [consultation le 22 juillet 2015].
    52. Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime & Reverendissime Frederic Jerosme Deroye de La Rochefoucauld, op. cit., “De l’Office de paroisse”, p. 12.
    53. Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime et Reverendissime Evêque d’Auxerre, op. cit., p. 22.
    54. Statuts synodaux, ordonnances, et reglemens pour le diocèse de Troyes, Troyes, Chez Pierre Michelin, 1729, <https://books.google.fr/books?id=pb7juR4iviEC&dq> [consultation le 22 juillet 2015].
    55. Ordonnances synodales du diocèse de Die, Grenoble, Chez Alexandre Giroud, 1698, p. 31, <https://books.google.fr/books?id=l-4c2hIzg58C&dq> [consultation le 22 juillet 2015].
    56. Ibid., p. 31-32.
    57. Statuts et ordonnances synodales du diocèse de Montpellier, op. cit., p. XXI. Au contraire, les statuts synodaux de Bourges recommandent aux curés de “[ne] point laisser occuper les places [du chœur] au préjudice de leur Clergé par les Femmes, Enfans, & toutes autres personnes inutiles au chant de l’Office, ou qui pourroient causer du trouble & de l’embarras dans les ceremonies” ; Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime & Reverendissime Frederic Jerosme Deroye de La Rochefoucauld, op. cit., “Des Eglises”, p. 4. Toutefois, ces “Enfans” nommés juste après les “Femmes” sont peut-être les enfants trop jeunes pour être scolarisés et, de ce fait, non placés sous la gouverne du régent d’école pendant les offices.
    58. Ordonnances synodales de Monseigneur l’Illustrissime & Reverendissime Frederic Jerosme Deroye de La Rochefoucauld, op. cit., “De l’office de paroisse”, p. 13.
    59. Statuts et reglemens synodaux du diocese d’Agen, op. cit., p. 66. Ce texte se poursuit en accentuant la prescription : “[dans le cas où les curés et vicaires n’auraient personne pour les aider,] Nous leur accordons six mois de temps, durant lesquels ils formeront au plain chant quelques enfans de la paroisse & diront vespres & complies en psalmodiant posement, distinctement & d’un ton de voix moderement elevé & lesdits six mois passés ils chanteront vespres, exhorteront leurs parroissiens de s’y trouver & principalement les seigneurs, dames, magistrats & autres personnes qualifiés de les y attirer par leurs exemples.” ; ibid., p. 67.
    60. Ordonnances synodales du diocèse de Dijon, op. cit., p. 82.
    61. Statuts synodaux du diocese d’Alby, Albi, Chez J. B. Laurens, 1763, p. 76-77, <http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/099032619> [consultation le 24 juillet 2015].
  • Pour citer cette page :
    Xavier Bisaro, Cantus Scholarum, <https://www.cantus-scholarum.univ-tours.fr/publications/essais-et-notes-de-travail/statuts-synodaux/>, consulté le 21 septembre 2017.