Méthode nouvelle, courte et facile pour aprendre le plain-chant (1762)

 

 

Henri Hardouin

Méthode nouvelle, courte et facile pour aprendre le plain-chant

Charleville, s. n., 1762

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L’auteur

Enfant de chœur (1735) puis maître de musique de la cathédrale de Reims (1749), Henri Hardouin (1727-1808) gravit tous les échelons des ordres ecclésiastiques et de la hiérarchie du chapitre de cette église jusqu’à devenir prêtre et chanoine de plein droit en 1776. Il publia sa Méthode nouvelle afin de donner suite au nouveau bréviaire diocésain (1760) dont il composa peut-être le chant. À côté de ceci, il fit imprimer des messes polyphoniques (1772) et prit part aux activités de l’Académie de musique de Reims (1752-1773). Interrompue par la Révolution, sa carrière reprit à la fin du XVIIIe siècle : il assuma à nouveau la direction de la maîtrise pendant quelques années avant de se retirer à Grandpré, son village natal, où il décéda le 12 août 18081La date de son décès est bien le 12 août, et non le 13 comme indiqué dans la notice biographique du Grove Music Online..

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Première partie de l’ouvrage, la “Methode nouvelle courte et facile pour aprendre [sic] le plain-chant” (p. 1-39) ne présente que peu de singularités. Hormis un parti pris de notation dans le nouveau plain-chant du diocèse de Reims (lignes supplémentaires plutôt que changements de clefs) et des indications sur le cérémonial local en matière de chant (à partir des Observations, p. 30), la caractéristique principale de cette méthode réside dans la succession étonnante de ses chapitres. La dénomination des notes (basée sur la gamme unique d’ut à si) selon la position des clefs n’est abordée que dans le cours du directoire psalmodique, bien après la description des éléments de notation, les exercices sur les différentes intervalles et le détail des differentiae pour chaque ton ! Au moment d’utiliser cette méthode, la marge d’initiative des maîtres chargés de l’instruction des débutants était donc importante.

Les exercices sont ordinaires, à ceci près qu’ils incluent l’étape de l’apprentissage de la 7e mélodique (exemple 1) souvent omise dans les méthodes comparables. Même si Hardouin admet la rareté de ces progressions, il convient selon lui “de les connoître & de les savoir entonner”.

Hardouin-p.7ex. 1 – Hardouin, Méthode nouvelle… (p. 7)

Après la méthode à proprement parler, ce volume comprend onze messes en plain-chant dont huit composées par Hardouin et pouvant “servir de Leçon aux Commençans” (exemple 2).

Hardouin - Messe du 1er ton (1762)ex. 2 – Hardouin, Méthode nouvelle… (p. 41)

Il faut enfin relever que, comme Oudoux et chez Pierre-Nicolas Poisson, Hardouin propose des faux-bourdons psalmodiques à deux voix (taille et basse) dont celui du 1er ton devait sonner non sans un certain archaïsme aux oreilles des amateurs de musique (exemple 3 – cf. la basse sur dextris meis).

Hardouin-p.17

ex. 3 – Hardouin, Méthode nouvelle… (p. 17)

Après avoir bénéficié d’une nouvelle publication en 1790, la méthode de Hardouin fut rééditée sous la Restauration et contribua, à ce titre, à la pérennité des usages cantoraux d’Ancien Régime dans le diocèse, désormais concordataire, de Reims.

(X. Bisaro, novembre 2014)

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Sources et bibliographie

Sources
Sources complémentaires
Bibliographie

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    1. La date de son décès est bien le 12 août, et non le 13 comme indiqué dans la notice biographique du Grove Music Online.
  • Pour citer cette page :
    Xavier Bisaro, Cantus Scholarum, <https://www.cantus-scholarum.univ-tours.fr/ressources/sources/methodes-faciles-de-plain-chant/methode-1762/>, consulté le 23 octobre 2017.